Des altermondialistes pour Europe Ecologie

Militant-e-s altermondialistes, féministes, anti-OGM, paysan-ne-s en lutte contre la brevetabilité du vivant et pour la souveraineté alimentaire, lanceurs d’alertes contre les périls sanitaires liés à la pollution, défenseurs des droits sociaux, libertaires attachés aux libertés publiques bafouées, acteurs politiques dans les quartiers populaires, … nous nous engageons pleinement dans le rassemblement Europe écologie, pour les élections européennes de juin 2009. La gravité des crises écologique et économique nous pousse au rassemblement et nous incite à dépasser la simple protestation et les clivages du passé pour porter des alternatives neuves avec et pour celles et ceux qui souffrent d’un système à bout de souffle.

  • Dépasser le oui et le non*

La liste Europe Ecologie est aujourd’hui la seule qui refuse de rejouer la campagne du référendum de 2005. Que l’on ait voté oui ou non, au-delà d’un désaccord de circonstance entre nous car, dans le fond, notre vote exprimait la même demande d’une autre Europe, fédéraliste, sociale, écologiste, altermondialiste… Ce vote de 2005 a été clair et doit être respecté, mais on ne peut pas se contenter du statu quo. Celles et ceux d’entre nous qui ont voté « oui » jugeaient que ce texte était très imparfait mais, en l’état des rapports de force en Europe, ouvrait plus de possibilités pour infléchir la construction européenne que les traités en vigueur. Ceux d’entre nous qui ont voté « non » refusaient la constitutionnalisation de politiques néolibérales mais refusent d’en rester là.

  • Une écologie résolument altermondialiste*

Notre écologie remet radicalement en cause les modèles de production et de consommation actuels. Elle lutte contre les inégalités sociales et environnementales. L’écologie est une force capable de subvertir les dominations. Cette écologie populaire n’est pas un luxe pour les riches, elle est une nécessité pour les plus pauvres, qui sont les premiers à souffrir des maladies au travail, de la malbouffe ou des dérèglements climatiques.

La répartition des richesses est au cœur de notre démarche, tant il est vrai que ce sont nos modes de vie et de production actuels qui détruisent la planète et qui accroissent les inégalités au Nord comme au Sud. Mais une nouvelle répartition des richesses ne peut pas faire l’économie d’une nouvelle définition de la richesse elle-même. La croissance à tout prix, au prix de la qualité de la vie, au prix de la souffrance au travail, au prix de la destruction de nos cadres de vie, est un problème, en aucun cas une solution.

Notre présence au sein de ce rassemblement inédit est une garantie que cette conception de l’écologie radicale ne sera pas dénaturée, mais enrichie de l’apport d’autres militant-e-s d’horizons différents. Les militant-e-s environnementalistes qui participent à notre rassemblement, après des années de travail associatif, ont à cœur d’aller plus loin que le travail de sensibilisation et de porter leur combat politique au cœur du débat électoral. Crise écologique, injustices sociales et conflits post-coloniaux sont les différentes facettes d’une même crise, la crise d’un capitalisme qui sévit désormais sur toute la planète et impose un ordre injuste. Face à une crise à plusieurs facettes, l’alternative ne peut être portée que par une multitude de visages !

Premier-e-s signataires :

Thierry Baffou José Bové Michel Bourgain Jacques Boutault Monique Crinon Yves Contassot Jean Delavergne Karima Delli Pascal Desclaux Bernard Dréano Manuel Domergue François Dufour Jérôme Gleizes Annie Lahmer Yannick Lavenne Julien Lecaille Gilles Lemaire Elise Lowy Noël Mamère Lydia Morlot Dominique Plancke Patricia Kokoszynski Annette Rimbert Agnès Rousseaux Eros Sana François Simon Michel Wilson