Contre les déchets nucléaires : un voeu au Conseil Régional
Par l'Epine Verte, le dimanche 19 octobre 2008, 16:09 - Région Centre - Lien permanent
Toujours lors de la même session du Conseil régional, j'ai également proposé un voeu contre l'accueil de déchets nucléaires dans l'Indre ou dans le Cher. Il a été voté par les élus Verts et PS avec l'abstention du PC.
Vœu contre l’enfouissement de déchets radioactifs dans les sous-sols régionaux
Au mois de juin, à la demande du Gouvernement, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) a lancé un appel à candidatures auprès de plusieurs milliers de communes pour accueillir des déchets nucléaires destinés à être enfouis, leur laissant jusqu’au 31 octobre pour faire connaître leur réponse. Il s’agit de préparer l’implantation d’un nouveau site d’enfouissement de déchets nucléaires dits FA-VL (faible activité, vie longue). Parmi les communes visées, plus de 150 se trouvent dans notre région, toutes situées dans le Cher et dans l’Indre.
Le processus, qui devrait aboutir au choix d’un site définitif en 2010, se fait dans un manque total de transparence. Ainsi l’Andra refuse-t-elle de rendre publique la liste des communes contactées ! Le dossier envoyé aux élus manque quant à lui clairement d’objectivité quant aux conséquences de l’accueil d’un tel site.
Il ne faut pas se laisser abuser par la terminologie trompeuse utilisée par les promoteurs de l'industrie nucléaire. Les déchets dits à faible activité et à vie longue, tout comme l'uranium dit appauvri, sont extrêmement dangereux et posent de graves problèmes de santé publique.
Les éléments radioactifs contenus dans ces déchets FA-VL que l’Andra cherche à enterrer dans le sous-sol regagneront tôt ou tard l’eau et l’air. Les déchets radifères produisent du radon-222, un gaz radioactif volatil et très nocif, que l’on retrouverait immanquablement dans les poumons des employés du site d’enfouissement et dans ceux des riverains. Les déchets de graphite sont fortement contaminés en plutonium-239, un élément hautement radiotoxique car il se fixe facilement dans le corps humain. L'inhalation d’une dose de plutonium inférieure à 1 microgramme peut suffire à provoquer un cancer. Les éléments radioactifs ont également une forte toxicité chimique.
Parmi les déchets FA-VL, on trouve les éléments suivants, qui n’auront perdu que 50 % de leur radioactivité une fois écoulée leur demi-vie : la demi-vie de l’uranium-238 est longue de 4,7 milliards d’années ; celle du chlore-36 est de 302 000 ans ; celle du plutonium-239 de 24 390 ans ; celle du carbone-14 de 5 370 ans ; celle dur radium-226 de 1 600 ans…
A l’instar des conseils régionaux, les conseils municipaux sont élus pour un mandat de 6 ans. Aucun élu n’est en mesure de garantir la sûreté d’un tel site pour des centaines de générations. L’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques estime d’ailleurs démontrée « l’impossibilité de prouver la stabilité d’un stockage à l’horizon de plusieurs milliers d’années ».
Le dossier envoyé par l’Andra aux maires fait également l’impasse sur d’autres conséquences négatives, en terme de développement économique, etc. Agriculture, viticulture, immobilier, tourisme sont autant de secteurs qui pâtissent inéluctablement de la proximité d’un site de stockage de déchets radioactifs. Une telle installation annihilerait les efforts des collectivités territoriales – et spécialement le Conseil régional – en matière de développement durable.
En conséquence, le Conseil régional du Centre, les 16 et 17 octobre 2008 à Orléans : - manifeste son opposition à la création d’une nouvelle installation nucléaire de base sur son territoire ; - considère que la solution la moins mauvaise reste le stockage réversible des déchets sur les sites mêmes où ils sont produits (aucun site nouveau n’est contaminé ni rendu impropre aux activités humaines normales ; aucun transport de déchets n’est nécessaire).