Agenda 21 régional
Par l'Epine Verte, le samedi 21 juin 2008, 22:06 - Région Centre - Lien permanent
Jeudi dernier le Conseil Régional a dopté en session plenière son Agenda 21.
Voir l'article duBerry_republicain.pdf
J'ai fait à cette occasion la déclaration suivante
Nous allons devoir faire face de plus en plus à une véritable urgence écologique. Déjà, les enjeux liés à l’énergie sont aujourd’hui beaucoup mieux perçus du fait de l’envolée des prix des combustibles. Mais cependant trop peu nombreux sont encore ceux qui comprennent que nous ne sommes encore qu’au tout début de cette crise énergétique et beaucoup sous-estiment les bouleversements que risquent de provoquer les dérèglements climatiques.
Au surplus, la focalisation sur ces problèmes d’énergie ne doit pas nous faire oublier que d’autres questions écologiques sont tout aussi graves. A Rio en 1992, quand l’idée d’Agenda21 a été lancée par la grande majorité des chefs d’Etat, la question de la biodiveristé par exemple était également soulignée comme un enjeu tout aussi majeur pour l’avenir de l’humanité. Il faut avoir une vision globale et non se cantonner à un seul domaine aussi préoccupant soit-il. Il faut par exemple prendre aussi très au sérieux les répercutions sur la santé humaine des multiples pollutions chimiques dans notre environnement. Lors d’une réunion organisée dernièrement par le CR d’Ile de france, un médecin-nutritioniste affirmait que du fait des "épidémies modernes", provoquées par la détérioration de notre environnement, l’espérance de vie allait nécessairement baisser puis régresser dans les prochaines dizaines d’années : comme pour l’amiante, il faut souvent 30 ou 40 ans pour qu’on puisse constater les dégats...
Le problème est donc global et la démarche de développement durable qui prétend y répondre est nécessairement complexe et progressive. Encore faut-il qu’elle soit suffisamment déterminée. Le groupe Verts souhaite donc que, sur la base du document que nous allons adopter aujourd’hui, des approfondissements permettent rapidement de prendre en compte de manière plus résolue des questions qui apparaissent déterminantes. Il s’agit d’abord de se donner les moyens de limiter sérieusement les pollutions de l’eau, de l’air et des sols. De ce point de vue, dans notre région, l’agriculture est particulièrement concernée et c’est pourquoi nous vous proposerons tout à l’heure un amendement destiné à enrichir sur cette question emblématique le document qui nous est soumis. Pour ce qui concerne plus particulièrement la protection de la qualité de l’eau, nous souhaiterions aussi que la région intervienne avec force dans la consultation lancée par l’agence de bassin pour l’élaboration du SDAGE. Ce dernier doit être vraiment établi en fonction des objectifs de « bonne qualité de l’eau » fixés par la Directive Cadre sur l’Eau et non sous la seule pression des intérêts à court terme défendus par tel ou tel lobby. Dans le domaine de l’énergie, la responsabilité de la région concerne en particulier les lycées. Les Verts demandent qu’en matière de constructions neuves on puisse passer le plus vite possible à une norme « basse consommation », voire « construction passive ». Mais si l’on veut réellement diviser par 4 nos émissions de CO2 l’essentiel de l’effort doit surtout porter sur le parc de batiments existant : nous demandons donc qu’un plan d’économie d’énergie et d’énergie renouvelable soit établi avec des objectifs intermédiaires à court et moyen terme cohérents avec ce « facteur 4 ».
Plus globalement, face à la crise écologique multiforme qui se profile nous demandons que l’on anticipe beaucoup plus les mutations économiques et sociales qui seront nécessaires. On voit dès aujourd’hui les problèmes qui commencent à se poser dans de nombreux secteurs professionnels – pêche, transports routiers, ambulanciers,...- mais les problèmes à venir risquent d’être d’une tout autre ampleur : saura-t-on s’y préparer ?
Pour ne prendre qu’un exemple : ne devrait-on pas travailler dès à présent dans l’optique d’une « relocalisation » des activités économiques ?
Pour faire face à ces mutations et aux efforts d’adaptation que cela va demander à l’ensemble de nos concitoyens, il faut aussi que la majorité d’entre eux, qui ne disposent que de revenus modestes, puissent être assurés que l’effort sera équitablement réparti : il est évident qu’on est aujourd’hui bien loin du compte en matière d’équité et que, dans ces conditions de trop fortes inégalités sociales, on risque d’avoir beaucoup de mal à obtenir l’adhésion du plus grand nombre aux changements nécessaires. De même et pour finir, je suis toujours un peu interrogatif devant les injonctions faites aux citoyens d’avoir des comportements plus écologiques. Il est certain que des prises de conscience et des changements de comportements de tous sont nécessaires. Mais si l’on veut vraiment y contribuer, la priorité n’est-elle pas que les institutions publiques donnent réellement l’exemple et mettent en oeuvre, chacune dans leurs compétences respectives, les transformations politiques qui apparaissent indispensables ? J’espère que l’agenda 21 pourra être un point de départ pour oeuvrer sérieusement dans ce sens en région Centre.