Les agrocarburants, une "vraie fausse bonne idée" pour les Verts

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Eco-Terre Les agrocarburants, une "vraie fausse bonne idée" pour les Verts Le parti écologiste demande à l'Union européenne d'abandonner ses objectifs de production de ces carburants dits bio qui vont "affamer la moitié de la planète". AFP LIBERATION.FR : lundi 14 avril 2008

Les Verts ont appelé aujourd'hui l'Union européenne à abandonne l'objectif de 10% de consommation d'agrocarburants dans les transports pou 2010, car ces derniers sont une "vraie fausse bonne idée", "même une idée meurtrière" qui va affamer "la moitié de la planète". Face aux émeutes de la faim, les Verts appellent également le gouvernement, dans un communiqué, à prendre ses responsabilités lors de la prochaine présidence française de l'Union.

Pour Anne Souyris, nouvelle porte-parole nationale du parti écologiste, "entre se nourrir ou conduire, il faut choisir. Les pays riches ont le devoir de ne pas affamer le tiers-monde pour faire leur plein d'essence, alors que des solutions de transports plus sobres énergétiquement existent".

Selon la porte-parole, les agro-carburants "accélèrent la hausse des prix des matières premières, leur culture dégrade fortement l'environnement et leur bilan énergétique est mauvais". "Sauf pour ceux qui les vendent, leur intérêt est nul. Quant au danger d'affamer la moitié de la planète, c'est une réalité", juge Anne Souyris.

Les Verts demandent également que soit "appliqué un moratoire sur toutes les constructions d'autoroutes en France, conformément à la promesse du Grenelle que le gouvernement n'a pas tenue". Ils demandent "la mise en place d'une taxe carbone, particulièrement sur le pétrole afin d'utiliser les fonds ainsi récoltés à diversifier la production et l'efficacité énergétique".

Les Verts souhaitent enfin qu'une "aide forte et massive" soit attribuée aux transporteurs routiers afin qu'ils soient "en mesure de changer d'activité". Ils réclament de consacrer les "sommes nécessaires au développement de transports en commun de qualité, accessibles à toutes les bourses, et au développement du frêt ferroviaire et maritime".


14/04/2008 14h12 - UE-ENVIRONNEMENT-TRANSPORT-ÉNERGIE-CLIMAT - Monde (FRS) - AFP

BRUXELLES, 14 avr 2008 (AFP) - "Crime contre l'humanité", "menace pour l'environnement": les biocarburants sont ouvertement critiqués, mais les responsables européens refusent de les abandonner, par crainte de remettre en cause tout leur plan de lutte contre le réchauffement climatique.

"Il n'est pas question pour l'instant de suspendre l'objectif fixé pour les biocarburants", a affirmé lundi Barbara Helfferich, porte-parole du commissaire à l'Environnement Stavros Dimas.

Les dirigeants européens, qui veulent montrer l'exemple contre le réchauffement, se sont engagés à réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre de l'UE d'ici à 2020.

Pour ce faire, ils veulent porter à 2O% la part des énergies renouvelables et imposer 10% de biocarburants pour les transports. Ils espèrent trouver un accord pour mettre en oeuvre ce plan d'ici fin 2008.

"On ne peut pas changer un objectif politique sous peine d'avoir un débat sur tous les autres objectifs", a expliqué à l'AFP un responsable européen sous couvert de l'anonymat.

Les critiques se font pourtant de plus en plus dures contre les biocarburants face à l'envolée des prix alimentaires et la multiplication des émeutes contre la faim dans les pays en développement.

"La fabrication de biocarburants est aujourd'hui un crime contre l'humanité", a tonné lundi le Suisse Jean Ziegler, rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l'alimentation.

L'Agence européenne de l'Environnement, un organisme relevant directement de la Commission européenne, a recommandé vendredi de "suspendre" l'objectif pour les biocarburants en raison des "menaces pour l'environnement".

Les dirigeants européens sont conscients de ces critiques, mais ils ont décidé de conserver leur objectif "à la condition d'assurer une durabilité de cette production et la promotion des biocarburants de la seconde génération", souligne M. Dimas.

Le problème est que "les procédés de fabrication pour la seconde génération ne sont pas complètement au point", a confié à l'AFP ce week-end la secrétaire d'Etat française à l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet. "Cela peut prendre entre 10 et 20 ans", a-t-elle souligné.

Les carburants "verts" de la première génération - biodiesel et éthanol - sont produits avec des graisses et des sucres tirés de végétaux - blé, colza, maïs, betterave - également cultivés pour l'alimentation humaine et animale.

La seconde génération de biocarburants, comme l'éthanol cellulosique, utilise elle les résidus, comme les fanes des betteraves, la paille du maïs, grâce à la thermochimie et à la gazéification.

Les 27 pays de l'UE devraient approuver le 7 mai des critères très stricts pour la production de ces biocarburants, selon la Commission.

Plusieurs dirigeants européens avaient fait part de leurs préoccupations face aux biocarburants lors du sommet européen de mars. Le chef du gouvernement italien Romano Prodi avait dénoncé le fait que les "cultures énergétiques" bénéficient de subventions.

"Accorder d'énormes subventions pour produire les biocarburants est inacceptable moralement et irresponsable", s'était insurgé fin mars le patron du géant agroalimentaire Nestlé, Peter Brabeck. Si cela continue, "il n'y aura plus rien à manger", avait-il averti.

"La production agricole à des fins alimentaires doit être clairement prioritaire", a renchéri lundi le ministre français de l'Agriculture Michel Barnier.

La Commission européenne a entendu le message. "Nous allons proposer aux Etats membres de supprimer ces subventions", a confirmé lundi son porte-parole à l'Agriculture, Michael Mann.

L'aide est consistante: "90 millions d'euros pour 2 millions d'hectares", soit 45 euros l'hectare, a-t-il précisé.

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