Confrontée à une armée de lâches
Par l'Epine Verte, le jeudi 10 avril 2008, 12:17 - Penser globalement - Lien permanent
C'est l'expression de Nathalie Kosciusko-Morizet qui a mis le feu à l'UMP hier. Intéressant de voir que c'est sur une des questions majeures d'environnement, celle des OGM, portée sur la place publique par des tenants de la désobéissance civique, que l'UMP traverse sa plus grande crise depuis longtemps.
La gauche fera bien de s'en souvenir : c'est en particulier sur les questions d'environnement que la gauche peut être largement majoritaire dans l'opinion si elle adopte des positions, et si elle mène, y compris dans les collectivités locales, des politiques conséquentes dans ce domaine.
Intéressant aussi de noter que ce sont de jeunes femmes au gouvernement ( Fadela Amara, Rama Yade) qui ont le plus de mal à s'en tenir à la langue de bois habituelle des gouvernants. Triste de constater cependant qu'elles sont les unes après les autres cependant amenées à devoir s'excuser ou à se rétracter... Le contraire nous aurait largement étonné avec l'UMP : comment ne pas penser à l'épisode des "Jupettes" ces femmes ministres du premier gouvernement Chirac qui avaient toutes été remerciées assez rapidement.
Reste que 'l'incident est clos" comme l'a dit le premier sinistre : il s'est engagé vis à vis des plus réactionnaires de l'UMP à ce que l'amendement Chassagne soit écarté lors de la deuxième lecture au sénat. Les sénateurs seront-ils les godillots qu'ils ont souvent été ? A suivre.
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Tempête dans un verre d'OGM : Radiozapping Le monde.fr
et l'article du Monde du 9 avril
''"J'en ai marre d'être confrontée à une armée de lâches." Alors qu'elle s'apprête à reprendre sa place sur le banc du gouvernement, mardi 8 avril, pour la fin de la discussion à l'Assemblée nationale du projet de loi sur les OGM, Nathalie Kosciusko-Morizet fait part au Monde de son exaspération.
Le matin, lors de la réunion hebdomadaire des députés UMP, la secrétaire d'Etat à l'écologie a été directement mise en cause après l'adoption de plusieurs amendements proposés par l'opposition. Pour Jean-François Copé, le président du groupe, elle est "à l'origine des problèmes". "Lorsqu'un gouvernement s'en remet à la sagesse de l'Assemblée sur un amendement venant de la gauche, ça veut dire qu'en réalité il l'approuve", estime-t-il.
Depuis que, dans la nuit du mercredi 22 avril, a été adopté un amendement défendu par André Chassaigne (PCF, Puy-de-Dôme) limitant la culture des OGM, les esprits se sont échauffés dans la majorité, au sein de laquelle coexistent deux positions contradictoires.
L'"amendement 252", accusé de "déséquilibrer le texte" par les partisans des OGM, est en fait identique à celui qu'avait soutenu Louis Giscard d'Estaing (UMP, Puy-de-Dôme), sur lequel la secrétaire d'Etat s'en était remis à la "sagesse" de l'Assemblée mais qui avait ensuite été retiré à la demande du rapporteur, Antoine Herth (UMP, Bas-Rhin).
La gauche, elle, n'avait pas retiré le sien, et trois élus de l'UMP ainsi que le député du Nouveau Centre Philippe Folliot avaient joint leurs voix à celles de l'opposition, faisant ainsi basculer la majorité.
"BORLOO, QUAND IL VEUT, IL VIENT"
L'"affaire" a pris de telles proportions qu'elle a occupé la quasi-totalité du petit déjeuner de la majorité du mardi matin. Obligeant François Fillon à un ferme "recadrage" lors de la réunion du groupe, à laquelle Mme Kosciusko-Morizet était absente.
"L'amendement Chassaigne n'aurait pas dû être voté", a précisé le chef du gouvernement, s'engageant à faire en sorte qu'il soit supprimé en deuxième lecture au Sénat. Tour à tour, Jean-Louis Borloo, ministre de l'écologie, et Valérie Pécresse, ministre de la recherche, l'ont approuvé. Et Michel Barnier, ministre de l'agriculture, a pu se féliciter "qu'il y ait une parole du gouvernement unique, vraiment unique".
Fauchée par ses collègues, la secrétaire d'Etat ne décolère pas. "J'appelle chacun à prendre ses responsabilités, répond-elle à ceux qui l'ont mise en cause. Il y a un concours de lâcheté et d'inélégance entre Jean-François Copé, qui essaie de détourner l'attention pour masquer ses propres difficultés au sein du groupe, et Jean-Louis Borloo, qui se contente d'assurer le minimum. Si le travail de préparation préalable avait été fait dans le groupe, cela ne se serait pas produit. Ce n'est pas normal qu'il y ait eu si peu de députés de la majorité en séance. Manifestement, Copé n'arrive pas à tenir le groupe. Quant à Jean-Louis Borloo, j'attends avec impatience qu'il vienne exprimer la parole unique du gouvernement dans l'Hémicycle. Quand il veut, il vient."
Mme Kosciusko-Morizet a reçu le soutien de Greenpeace et de France Nature Environnement, qui dénoncent le "procès en sorcellerie" instruit contre elle par l'UMP.
Gaëlle Dupont et Patrick Roger''