Vers un secteur viti-vinicole soutenable
Par l'Epine Verte, le jeudi 25 octobre 2007, 13:29 - Région Centre - Lien permanent
La session pleinière du Conseil Régional s'ouvrait ce matin par un débat sur un rapport concernant la crise de la viticulture. Je suis intervenu pour dénoncer la politique ultra-libérale que souhaite mettre en oeuvre la Commission Européenne dans ce domaine là aussi.
La viticulture Française et Européenne traverse depuis plusieurs années une crise notoire. Et c’est dans ce contexte que la Commission Européenne propose une réforme en profondeur de l’OCM vin.
Mais il faut aussi replacer cette réforme dans le cadre de la mondialisation du marché du vin et d’une pression dans ce secteur comme dans bien d’autres pour s’adapter aux désiderata ultra-libéraux de l’Organisation Mondiale du Commerce
La grande solution de la Commission Européenne c’est donc l’arrachage massif de vigne pendant les 5 prochaines années. On comprend bien qu’on essaye d’arrêtre de dépenser des centaines de millions d’€ (utilisés à distiller les excédents) et qu’on cherche une meilleure utilisation de l’argent communautaire. On peut aussi apprécier positivement de voir aujourd’hui ramené l’objectif de 400 000 ha à 200 000 ha.
Mais il faut bien constater que les réductions de surface s’accompagnent trop souvent sous prétexte d’amélioration de la « compétitivité » d’une incitation à l’augmenatation des rendements : moins d’ha cultivés et plus de production par ha : on transforme ainsi la viticulture en une agriculture de plus en plus industrielle. L’arrachage ne devrait pas être seulement une politique de maîtrise à court terme –visant seulement à « limiter les dégâts ». Pour avoir un sens, il faudrait que l'arrachage, si arrachage il doit y avoir, soit une politique de restructuration à moyen ou long terme visant une amélioration de la qualité et un meilleur respect de l’environnement.
Au contraire ce qui est envisagé par l’UE c’est après avoir fait subir à la production une purge sévère d’abandonner au « libre jeu du marché » la régulation du secteur en supprimant en particulier les droits de plantation pour permetttre aux plus « compétitifs » d’augmenter leur production.
De même est-il tout à fait inacceptable d’autoriser des pratiques œnologiques telles que l’aromatisation artificielle des vins ( le boisage par exemple) , ou encore l’ajout de levures OGM , ou encore l’usage de correcteurs technologiques d’acidité, de sucrosité ou d’alcool… L’autorisation de ces pratiques ne peut se comprendre que dans une logique industrielle de banalisation du produit visant à l’aligner sur un goût standard mondialisé. Nous soutenons une logique inverse : celle de la diversité et de la typicité, de produits le plus naturels possibles, ancrés dans des terroirs et les respectant.
Pour nous, répondre à la demande sociale aujourd’hui, c’est d’améliorer encore la qualité de la viticulture en particulier en cherchant à réduire fortement l’usage des phytosanitaires. Nous demandons donc que dans le cadre de la restructuration nécessaire du vignoble européeen soient notamment prévues de nouvelles mesure agro-environnementales et en particulier le soutien au développement de vignes bio.
En conclusion, même si sur certaines des questions que nous avons abordé nous aurions aimé que les positions de la région aient pu être un peu plus amibitieuses, nous saluons et soutenons la démarche engagée par les 4 conseils régionaux. Ce rapport va dans le bon sens : celui de la défense d’une viticulture plus artisanale qu’industrielle, plus naturelle que trafiquée, plus respectueuse de la diversité des terroirs