• Le 12 juin dernier lors du conseil des ministres de l'Union Européenne les ministres de l'agriculture se sont accordés sur un nouveau règlement européen autorisant 0,9% d'OGM dans les produits bio. Seuls la Belgique, la Grèce, l'Italie et la Hongrie s'y sont opposées. Mme Lagarde, la représentante du gouvernement Français a donc approuvé cette tentative de dénaturer les produits bio et de semer le trouble chez les consommateurs.
  • Le 14 juin, une dépèche d'agence apprenait que "Les ministres de l'Ecologie, Alain Juppé, et de l'Agriculture, Christine Lagarde ont annoncé que la France n'établirait pas de moratoire sur un maïs OGM, le MON810, ... pourtant interdit en Allemagne car jugé dangereux".

Pour ceux qui croyaient sincèrement qu'il suffisait de faire signer un "pacte" écologico-médiatique aux candidats pour transformer un gouvernement UMP en gentils défenseurs de la nature, le réveil risque d'être douloureux. Mais il sera trop tard, les élections seront passées.

Rappelons que dans l'Indre les candidats UMP, Hugon et Forissier, ont signé le "pacte" et qu'ils ont donc pris, entre autres, les engagements suivants :

(...) Faire de la France un pays exemplaire en matière de développement durable. Faire de la (...) préservation de la biodiversité les déterminants majeurs de l'action publique. Engager immédiatement une révision fondamentale des politiques (...) de l'agriculture Avant même la fin des élections législatives le gouvernement qu'ils soutiennent nommé par Sarkozy et auquel participe M. Juppé ( signataires tous deux du Pacte ) renie sans vergogne ces engagements rappelant à ceux qui en auraient douté que leurs promesses n'engagent que ceux qui les écoutent.

Bon appétit pour aujourd'hui, demain et... les générations futures.

Jean Delavergne, le 16/06/07
  • en annexe des infos plus précises
  • ci-dessous le message d'un responsable de FNE qui s'interroge sur le "Grenelle de l'environnement"

'' Forwarded message From: Gilles LEMAIRE Date: 15 juin 2007 20:03


From: Frederic.jacquemart To: FNE Secrétariat Direction Sent: Friday, June 15, 2007 12:46 PM

bonjour,

je lis ce matin avec une immense surprise l'article de l'agence Reuters sur le MON810.

L'allemagne, comme bien d'autres pays d'Europe, a décidé un moratoire sur le MON810, non pas à cause de l'article de Greenpeace, mais sur l'insuffisance d'évaluation environnementale du dossier initial du MON810, notamment en ce qui concerne les effets sur les insectes non-cibles y compris les abeilles.

Juppé a saisi la CGB, NON PAS SUR L'EVALUATION DU MON810, mais bien seulement sur la question de savoir si l'article de Greenpeace remettait en cause l'avis initial de la CGB sur le MON 810, ce qui n'a aucun rapport!

Les arguments apportés par Greenpeace ne sont qu'un des éléments d'un dossier beaucoup plus vaste.

Comme l'article de GP comprend des imprécisions méthodologiques (ils n'indiquent pas comment les prélèvements ont été transportés au laboratoire pour les analyses), les résultats sont donc ininterprétables et ne peuvent, dans ces conditions, remettre en cause, à eux seuls, la conclusion de la CGB en question.

La traduction par "La culture de ce maïs ne sera pas suspendue en France, car il n'y a pas de danger, selon l'avis de la Commission du génie biomoléculaire" est un déni d'information et une véritable escroquerie de la part du ministère, si ce ministère a réellement répondu cela à Reuters!!!

La question du danger ou non du maïs MON 810 n'a jamais été l'objet de la saisine de la CGB par Juppé, on ne voit pas comment, même, cet avis pourrait influer en quoi que ce soit sur la décision portant sur un moratoire.

Il est à noter également ce fait, d'une très haute importance: l'insuffisance de l'article de Greenpeace n'est pas spécifique à Greenpeace. On la retrouve en effet dans tous les dossiers des pétitionnaires (Monsanto, Pioneer etc;) dans lesquels la méthodologie utilisée pour les prélèvements, transports et dosages est même encore moins précise que dans le cas cité. Il est par conséquent clair que la CGB, la même CGB qui se prononce aujourd'hui, n'a jamais soulevé ce point pour les dossiers, démontrant ainsi que sa lecture des dossiers de demande d'autorisations n'a aucun caractère scientifique. Ce point est incontestable, puisqu'il ne s'agit pas d'un avis extérieur à la CGB, mais bien d'un avis de la CGB elle-même. L'avis de la CGB sur l'étude Greenpeace, n'apporte rien de plus au débat sur le MON810 (et c'est bien la teneur de cet avis), mais il démontre le caractère non scientifique des avis de la CGB (pour quelque raison que ce soit).

En tout état de cause, du fait de cette tentative de manipulation de l'opinion publique de la part du gouvernement et du fait de la position de Madame Lagarde au sujet de l'acceptation de la pollution des produits bio par des OGM au niveau européen, je ne vois pas comment une association de protection de la nature pourrait encore accepter de siéger au Grenelle de l'Environnement.

Je propose que des contacts soient très rapidement pris entre toutes les associations nationales pour communiquer ensemble sur ce point.

Frédéric Jacquemart''