Première réaction : la satisfaction qu’une mobilisation électorale sans précédent soit parvenue à exclure de façon très claire Le Pen du second tour. Malheureusement les idées Le Pénistes ont fortement pénétré les esprits et elles ont été confortées par le candidat de l’UMP, ce qui crée tout de même de fortes inquiétudes pour les libertés. Avec Sarkozy, les intérêts des actionnaires seront toujours préférés à la défense de l’environnement et à la justice sociale ; ce serait dans tous les domaines la loi du plus fort qui triompherait : fraternité et principe de précaution reculeraient gravement. Il faut donc tout faire pour empêcher l’accès de ce personnage dangereux aux plus hautes responsabilités. Le vieil adage républicain prend cette fois tout son sens : au deuxième tour on élimine !

Deuxième réaction : la forte déception devant les scores obtenus par les candidats qui ont défendu l’écologie et plus généralement ceux de la gauche antilibérale. Même si dans l’Indre le total des voix obtenues par José Bové et Dominique Voynet (4 278 voix) a peu diminué par rapport à ce qu’avait réalisé Noël Mamère en 2002 (4 613 voix ), globalement, cela n’est pas du tout à la hauteur des exigences des crises écologiques qui nous attendent ( changement climatique,OGM, pesticides, nucléaire ,…). De même, les faibles résultats des candidats anti-libéraux ne correspondent-ils absolument pas aux menaces sur les droits sociaux et les services publics. Le matraquage sur le " vote utile " et la pré-sélection des 4 " grands " candidats par les media sont les principaux responsables de cette situation. Mais comment ne pas y voir aussi une sanction d’appareils politiques qui ont parfois paru donner, dans cette élection, la priorité à leurs intérêts de boutique ?

Certes, le résultat de José Bové est lui aussi décevant. Sa courte campagne, la seule à n’avoir pu s’appuyer sur une organisation politique, a cependant montré de réelles capacités d’initiatives et d’engagement de la part de milliers de citoyens. Cela n’a certainement pas suffi, mais des graines ont été semées qui peuvent contribuer à l’avenir à mieux « faire de la politique autrement » et faciliter ainsi l’indispensable union des combats pour l’écologie et la justice sociale.