Pour « favoriser la compétitivité » de la viticulture européenne, cette même réforme projette un arrachage massif et indistinct du vignoble européen puis la libéralisation pleine et entière de l’encadrement de la plantation de nouveaux vignobles.

Les villages, les terroirs, les paysages, l’histoire, la culture, les femmes et les hommes des vignobles, les savoirs accumulés, les mille et un cépages de France, le dynamisme de nos territoires : toute cette richesse devrait disparaître pour faire place à l’uniformité et à la reproductibilité.

En favorisant la mise en place de modes de culture intensifs et de techniques chimiques d’élaboration pour une partie importante des vins, ce projet de réforme détruirait le caractère paysan et singulier du vin ; il casserait également sa légitimité culturelle. Ce projet néglige l’humain et le social, sacrifie les emplois et le dynamisme des territoires. Est-ce donc cela, le « progrès » ? Est-ce donc cela, la « modernité »

Le Conseil régional du Centre, avec ceux de Bourgogne et Franche-Comté, ont pris position sur la réforme de l'OCM et ont adressé leurs observations à la commission européenne, au parlement européen et à la profession viticole. Elles rappellent que la sauvegarde des meilleures pratiques en matière viticole ne peut être compatible avec la libéralisation des droits de plantation, l'égalité des règles d'étiquetage entre différentes catégories de vins, l'importation de moûts étrangers pour la vinification ou la déréglementation des pratiques oenologiques prévue dans le projet de réforme de l'OCM.

Le Conseil régional du Centre, réuni les 22 et 23 février 2007 à Orléans,

 rappelle que la viticulture de qualité est un élément constitutif de l'identité de la Région Centre et du Val de Loire,  s’engage à favoriser dans le cadre de sa propre politique, une viticulture durable liée à son territoire ou à ses terroirs,  précise que la promotion des vins et l'information objective des consommateurs passent par la mise en évidence du lieu ou terroir ou cépage, passe également par des critères de qualité, d'hygiène, de sécurité alimentaire et s'oppose au recours à certaines pratiques œnologiques,  appelle au développement d’un grand débat public sur l’avenir de la viticulture et des vignerons européens.

http://www.contrelesnaufrageursduvin.org/

Sur la défense de l'agriculture paysanne au Conseil Régional, voir en annexe la communication de Jean Delavergne en séance plenière len juin 2006