Aéroport de Châteauroux : pour que le transfert à la région marque une rupture
Par l'Epine Verte, le vendredi 16 mars 2007, 12:08 - Châteauroux et l'agglo. - Lien permanent
La Commission Permanente du Conseil Régional a approuvé aujourd'hui la convention d'exploitation de l'aéroport suite au transfert de sa gestion le 1° mars dernier. Très réservés sur ce dossier, les élus Verts au Conseil Régional se sont abstenus comme ils l'ont fait précédemment chaque fois que cette question a fait l'objet d'un vote en session plénière ou en commission permanente.
Depuis près de 20 ans, dans l'Indre, les écologistes ont dénoncé l'utilisation mystificatrice de l'aéroport par la droite locale et ses multiples tentatives de faire rêver à de mirifiques projets de développement, alors même que dans la réalité l'essentiel de l'activité était celle des vols d'entraînement dont les nuisances sont bien connues et que seules les subventions du conseil général permettaient de maintenir un semblant d'activité. Par exemple, lorsqu'en 1995, la piste a été allongée à 3500 m on nous promettait d'atteindre un trafic de 50 000 T de fret par an à l'horizon 2005 : on sait qu'on en est très loin puisque dix ans plus tard on est à moins de 7000 T... y compris les envois d'armes vers l'Afghanistan... Au delà des effets d'annonce, les activités de maintenance et de déconstruction, pourtant beaucoup plus prometteuses a priori en terme d'emploi, n'ont, elles aussi, en réalité, connu jusquà présent qu'un développement très limité.
Au vu de ce passé et de passif, nous apprécions que le Conseil Régional tienne un discours plutôt réaliste sur les perspectives de développement de cet équipement : il s'agit là d'une rupture positive avec les comportements des gestionnaires antérieurs. Mais nous nous interrogeons tout de même sur l'utilité qu'il y avait à demander ce transfert de compétences à la région : c'est désormais le Conseil Régional qui va devoir assurer le financement du déficit (900 000 € l'an dernier) ! Certes au final que ce soit un financement Conseil Général ou Conseil Régional il s'agit toujours d'argent public mais était-il vraiment nécessaire de débarrasser ainsi le Conseil Général du fardeau qu'il avait pris la responsabilité de se mettre sur le dos depuis 10 ans ? Par ailleurs, nous craignons aussi que ne soit pas vraiment pris en compte le contexte économique et écologique qui risque de se révéler guère favorable au transport aérien dans les 20 prochaines années du fait d'une part de sa responsabilité dans l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre et d'autre part de l'augmentation inéluctable du prix du pétrole et donc du kérosène. Dans ces conditions il nous semble que les perspectives de « développement industriel » doivent être examinées avec beaucoup de circonspection et de prudence. Pour finir nous nous réjouissons de voir que la perspective du transfert semble avoir enfin fait bouger les choses sur le plan de la protection de l'environnement du moins en ce qui concerne la protection des captages d'eau potable de Châteauroux et Déols. Il est tout de même scandaleux qu'il ait fallu attendre aussi longtemps pour voir se dessiner une perspective de traitement de la question des cuves de kérosène laissées par les américains. Il est tout aussi scandaleux que le Conseil Général n'ait pas réalisé depuis 1995 les dispositifs de traitement des eaux de ruissellement prévus pourtant dans l'arrêté préfectoral de l'époque et ce malgré au moins quatre mises en demeure des services compétents. S'il est bien prévu que la dépollution des cuves doive être financée par l'Etat, nous nous interrogeons pour savoir qui va devoir payer le bassin de rétention qu'aurait du réaliser le conseil général depuis 10 ans : nous demandons que les travaux soient réalisées au plus tôt mais il nous semblerait immoral que le coût ne soit pas assumé par ceux qui devaient le faire. L'autre grande question d'environnement qui concerne l'aéroport est celle des nuisances sonores liées aux vols d'entraînement. Sur cette question nous demandons que le transfert marque aussi une rupture : il faut faire respecter plus fermement les procédures et les couloirs aériens ( éviter le survol de l'agglomération) et restreindre sérieusement l'ouverture de ce type d'activité (le week-end et en soirée). Il faut encadrer sérieusement cette activité peu productive en terme d'emploi et également mieux informer les riverains des entraînements prévus et de leur déroulement. Jean Delavergne, le 16-03-07 Conseiller régional Conseiller municipal de Châteauroux