Dans le domaine de l’énergie, et chacun finit par comprendre aujourd’hui combien cette question est cruciale, on voit bien apparaître quelques projets comme une chaudière biomasse au dernier conseil municipal. On nous entretient sur une future chaudière à paille. Mais quelles actions ont-elles été menées pendant ces six ans en matière d’énergie ?

Je me souviens du temps ou nous travaillions sur la future antenne universitaire, un témoin au moins siège dans cette salle. Nous travaillions alors avec des représentants de 1’ADEME en vue d’installer la géothermie dans cette nouvelle structure. Ce projet a été abandonné avec l’ensemble du projet de l’antenne universitaire, qui déplaisait puisque c’était le projet GATEAUD, il ne fallait surtout pas l’adopter.

Je me souviens du temps aussi que nous avions développé un projet très sérieux de carburant moins poluant, le GNV pour les bus de la ville. Lorsque vous étes arrivé aux responsabilités, vous avez dit vouloir attendre la pile à combustible… J’espère que vous vous en souvenez : la pile à combustible sera peut-être disponible dans trente. quarante ou cinquante ans quand les problèmes seront résolus, pour une utilisation à grande échelle. Vous m’avez dit alors ne pas vouloir prendre la responsabilité de mettre des « bombes » sur les bus. J’étais à Bordeaux pour le congrès des Verts le week-end dernier, et la moitié des bus y roulent au GNV… Mais sans doute que Monsieur JUPPE est quelqu’un de peu sérieux qui fait prendre des risques à ses concitoyens…

Voilà deux exemples, et je pourrais en citer d’autres. Un projet existait sur Balsan d’un grand centre consacré à l’environnement et à l’énergie. Voyez quelle avance nous aurions, aujourd’hui, si nous l’avions réalisé. Chacun a aujourd’hui en tête un animateur de télévision, qui fait beaucoup parler en ce moment des problèmes d’environnement. Même le président Chirac l’a reçu, il y a deux jours, pour aborder ces problèmes. Aujourd’hui, si notre Ville avait pris de l’avance sur ces questions, nous serions en mesure de porter une image extrêmement intéressante et des emplois sont à la clé de cette image.

La question de l’environnement n’est pas uniquement une question d’environnement, mais c’est aussi une question de développement économique portant de nouveaux emplois, des emplois d’avenir.

J’ai parlé de l’énergie. Nous pouvons aborder les espaces verts et les arbres. 30 000 euros, dans ce budget, sont destinés à la plantation d’arbres. C’est formidable, mais si nous faisons le bilan global des arbres qui ont été coupés, ou de ceux que vous avez voulu couper place La Fayette, nous voyons que, certes, vous aurez planté quelques arbres en plus. Cependant, entre un arbre de trente, quarante, cinquante ans et un arbre qu’on vient de replanter, vous avouerez que les résultats ne sont pas tout à fait identiques pour l’environnement urbain.

J’ai voté pour couper des peupliers, car cette essence n’est pas parfaite, et vous nous avez fait part de leur maladie à Belle-Isle. Je n’imaginais pas qu’une coupe à blanc serait accomplie telle qu’elle a été faite. (...) Même l’O.N.F., qui porte des objectifs de production, laisse un certain nombre d’arbres lorsqu’elle coupe une parcelle. Pour le paysage urbain, c’est absolument indispensable. Mais pour des questions d’économies, car la question a été étudiée, vous avez souhaité tronçonner à blanc.

Je voudrais rappeler ce qui a été fait en regard sur la prairie Saint-Gildas pendant les mandats précédents. Considérez les dizaines d’hectares concernés, le projet réalisé et les résultats tels que des articles dans un certain nombre de revues nationales, y compris sur la frayère à brochets.

Quant aux déchets, les mandats précédents ont été marqués notamment par la mise en place de la double poubelle et du tri. Nous étions ville-pilote Eco--emballages et ce n’était pas par hasard. Aujourd’hui, nous sommes surtout ville-pilote parce que cela pue. Ce n’est pas tout à fait pareil.

Ma quatrième question portera sur l’eau. Vous disiez, Messieurs MAYET et FLEURET, surtout Monsieur FLEURET, que la stratégie est bien pensée. Vous rappellez-vous de la stratégie “usine de dénitrification”. Heureusement, le coût de cette dénitrification a été tout à fait prohibitif, nous le savions, mais manifestement vous ne le saviez pas. Il faut voir la situation d’Issoudun aujourd’hui pour imaginer tous les problèmes posés. Vous n’avez donc pas lancé la dénitrification.

Cependant, comme vous avez justifié qu’on ne pouvait pas lutter contre les nitrates, excusant presque les pollutions existantes ou à venir, le taux de nitrates est à peu près identique aujourd’hui à celui de la période de votre arrivée. C’est un bilan extrêmement "positif" alors même que vous avez fini par faire ce que nous disions qu’il fallait réaliser à court terme : mélanger les eaux pures de la forêt avec l’eau troublée de la Champagne Berrichonne grâce à des forages qui ont heureusement pu être effectués.

Si nous étions restés aux responsabilités, j’imagine que nous nous serions inspirés de ce qui anime les discussions entre écologistes depuis six ans sur cette question de la protection de l’eau. C’est l’exemple de Munich. Il est dommage que vous n’ayez pas pensé à cette solution. Vous connaissez peut-être l’exemple de Munich.

C’est une ville dans laquelle les captages ont été protégés en produisant de l’agriculture biologique sur des périmètres très étendus qui permettent d’alimenter la ville. Le résultat au bout de vingt ans de cette politique à long terme est qu’aujourd’hui l’eau de Munich est une eau de qualité, sans traitement ou presque, à un coût bien plus faible qu’ailleurs.

Cette politique demande des amis, sur le plan agricole, qui ne sont pas exactement du même bord pour avoir envie de la mener, si vous voyez ce que je veux dire... Vous êtes gêné par votre ancrage à droite. Ce n’est pas ce genre d’écho que vous recevez lorsque vous allez voir ceux qui, en principe, parlent au nom de "la profession agricole" comme s’ils en étaient les seuls représentants. Il faut aller voir des personnes portant un autre point de vue, une autre manière de voir, et c’est à ce moment-là que jaillit l’idée.

A Munich, le plus intéressant est qu’ils ont à la fois agi pour la protection de l’eau, et qu’ils distribuent les produits bio dans les cantines. Vous avez maintenu, et c’est positif, le fait qu’on ne mange pas d’O.G.M. à Châteauroux. Mais c’était notre décision. Depuis six ans, vous auriez pu aller au-delà et commencer à développer, comme cela se fait dans d’autres communes, une alimentation bio dans les cantines. Je ne dis pas de mettre en place le bio à 100 %, c’est difficile et cela ne se fait pas du premier coup, je le reconnais volontiers, mais en tout cas, avancer dans cette direction serait une idée.

Voilà une politique et une stratégie qui auraient été bien pensées s’il y avait une réelle stratégie en matière d’environnement.