Le système institutionnel a confié à un petit nombre d’élus un pouvoir quelque peu exorbitant et sans partage : celui de pouvoir décider, par une simple signature, des candidatures à la présidence de la République. Ainsi pour l’élection la plus importante de la V° République, une quarantaine de milliers d’élus ont la possibilité de limiter le choix des citoyens en refusant de « parrainer » certains candidats. Un dispositif destiné à éviter la multiplication des candidatures fantaisistes est peut-être nécessaire, mais on pourrait concevoir d’autres voies d’accès à la candidature en donnant par exemple le droit de se présenter aux candidats ayant recueilli un nombre significatif de signatures de citoyens en leur faveur comme cela se fait déjà en Autriche, au Portugal et en Finlande. Aujourd’hui, seuls certains élus disposent de ce pouvoir de sélection des candidats. Or il semble que par frilosité ou par peur de déplaire aux uns ou aux autres - par exemple à quelques mois des élections municipales …- beaucoup d’élus ne jouent pas le jeu et verrouillent ainsi le système pour le seul profit des partis installés dans les institutions depuis longtemps. Est-il acceptable, en ce début de XXI° siècle alors que les enjeux environnementaux apparaissent de plus en plus cruciaux, qu’aucun candidat écologiste ne puisse se présenter aux présidentielles ? Est-il acceptable que le refus des OGM, du nucléaire, des pesticides dans notre alimentation, que le refus de la mainmise des multinationales sur nos vies et sur l’avenir de la planète ne puissent s’exprimer lors des prochaines élections présidentielles ? Quel démocrate pourrait justifier l’élimination en particulier de José Bové et de Dominique Voynet de la campagne officielle et du débat démocratique devant les citoyens. ? Il faut rappeler qu’aux yeux de la loi un « parrainage » n’est pas un soutien : en donnant leur signature, les élus donnent seulement aux candidats la possibilité de s’exprimer. Ce n’est pas aux élus de choisir le président de la République ; c’est tout de même aux citoyens de choisir ! Or quand on les interroge les citoyens souhaitent clairement que la diversité des sensibilités politiques puise s’exprimer à l’occasion des présidentielles (voir le sondage dans Le Figaro du 23 février). Madame, Monsieur, refuser aujourd’hui de « parrainer » des candidats qui défendent chacun à leur manière l’écologie – que ce soit la candidate des Verts Dominique Voynet ou le candidat anti-libéral, écologiste et altermondialiste José Bové – c’est prendre individuellement la responsabilité que ces sensibilités ne puissent s’exprimer. Ce serait un déni de démocratie. Le président de la République sortant avait reconnu dans un discours « la maison brûle et nous regardons ailleurs » : madame, monsieur, même si vous ne partagez pas nos analyses, n’empêchez pas de s’exprimer ceux qui veulent alerter l’opinion sur les catastrophes qui menacent notre « maison »commune, la planète terre.

Veuilles agréer, madame, monsieur, l’expression de mes sentiments écologistes les plus sincères.

Jean Delavergne, le 25/02/07 Vice-président du conseil régional, Conseiller municipal de Châteauroux